Gouvernance de l’information : Laissez votre PDG tranquille et mettez vous d’accord d’abord !

Nous avons la grande chance d’être dans une période où l’information est au centre d’un très grand nombre de préoccupations. En tant que contenu pour ce qui touche à l’archivage probant ou patrimonial, en tant que donnée numérique pour ce qui touche le Master Data Management et des données de référence et bien sûr les réseaux sociaux pour ce qui est de capturer, diffuser et capitaliser sur le savoir et savoir faire.

L’information étant au centre et touchant de nombreux projets très disparates, nous nous trouvons confronté à une problématique très simple en soi, mais extrêmement difficile à gérer : C’est quoi l’information et quelles expertises est il nécessaire d’activer ?

Et là, c’est la bérézina des experts en toute sorte autour de ce que peut être l’information, tous supers compétents dans leurs domaines :

  • Les archivistes et documentalistes (papier), qui ont plusieurs siècles de méthodes et une superbe vision de l’art du document,
  • Les responsables d’archives numériques, plus jeunes, mais comprenant les contraintes techniques du monde informatique,
  • Les Records Managers, ayant une sensibilité beaucoup plus forte en terme de contraintes règlementaires et impératifs techniques associés,
  • Le Responsable Qualité de donnée, qui connait la complexité des assemblages de flux de données, et règles métiers micros associées,
  • Le responsable Master Data Management, visionnaire quand à l’usage des données de référence, un des fondamentaux majeurs dans un SI,
  • Et puis les experts plus transverses et métiers, les animateurs de communautés, les veilleurs et analyste autour de l’information, …
  • Ainsi que les personnes clients de l’information : les métiers, les juristes, la sécurité, le manager du risque, la DSI, ….

les-schtroumpfs-3D - 17143-793184244Et tout le monde y va de sa définition, de son besoin, de ses critiques, … de ses freins, et bien sûr de son affectif . Car remettre en cause une expertise est tout de même un sacré changement, et pas forcément souhaité, ni souhaitable !

Parce que oui, la gouvernance de l’information est une grosse remise en cause pour ces experts. Serais je en train de dire est que bien définir l’information nécessite d’être expert en tout, ou … en rien ! ?

Alors, maintenant, rajoutons une couche : parlons de gouvernance de l’information, Ha ha ha ! quel cynisme ! mais que du plaisir, et encore plus de difficultés car il faudrait maintenant définir ce que cela est la gouvernance … . Et bien en fait, non, la gouvernance de l’information, une fois que tout le monde est en phase, n’est juste qu’une toute petite formalité, très simple, quelques documents, et un peu d’organisation.

Le vrai frein à la mise en place d’une gouvernance de l’information est de concilier un collectif d’experts afin de faire accepter que l’information n’est pas la propriété d’un domaine d’expertise mais de tous, et que tous doivent l’accepter ou au moins en comprendre les bases. Ce frein est culturel et il est intimement lié à l’effort emphatique !

Alors lorsque j’entends des clients ou collègues ou concurrents dire  :

  • Il faut des sponsors,
  • Il faut l’appui de la Direction générale,

J’ai envie de dire : Arrêtez d’embêter votre Direction générale ou de rechercher un hypothétique sponsor, mettez vous d’accord avant !

Optimiste-voile_2005_008Sincèrement, un PDG va t il vraiment imposer que tout le monde se mettent d’accord … . Sur ce sujet, ce serait une invitation à sauter, de haut et sans filets. Pareil un sponsor va t il investir un tour du monde en voile pour une équipe qui se bat afin de choisir la coquille de noix qui hébergera tout le monde, autant y aller chacun avec son petit optimiste (c’est d’ailleurs très (que) rigolo).

Cet avis est surement très dur, mais c’est un fait, et c’est humain. L’avantage de ce constat est qu’il devient possible de considérer que la mise en place d’une gouvernance de l’information commence par un changement, une éducation et surtout un renforcement des expertises existantes vers les domaines connexes.

 

Hé !,

J’ai une bonne idée :

Pourquoi ne pas envoyer une journée à la campagne tous ces (responsables) experts pour jouer autour de plusieurs ballons que nous appellerons “information” ? Un rond, un ovale, un petit, un grand, un lourd, un très léger, des ateliers de restitution, des devoirs à faire pour la rentrée, un suivi et une intérro rigolote …

Aller, c’est le printemps, l’été arrive pour finaliser le murissement d’une démarche ludique et arriver à ce phasage qui permettrait à la rentrée à chacun de se comprendre.

Ok, le plus dur est de caler la date, pour le reste, cela vous tente !, alors faites moi signe, je vous organise cela.

4 Responses to “Gouvernance de l’information : Laissez votre PDG tranquille et mettez vous d’accord d’abord !

  • Le site http://dimanager.wordpress.com/ est effectivement très intéressant, il valorise l’importance de la mise en place d’un référent, conseil et gardien du temple du document. C’est le minimum nécessaire pour au moins gérer +/- 80% des informations qui circulent dans nos organisations.
    Et on a en a vraiment besoin !

    D’un point de vue “futur”, ce D&IM ne devrait il pas se détacher du document, pour embrasser 100% des informations quelque soit leurs formats. Après tout ne dit on pas que le contenu “n’est que” de la donnée avec son contexte, mais si cela peut être challengé.
    Il n’en reste pas moins que le monde de la donnée a tout de même un poids beaucoup plus fort dans les esprits (à tord ou à raison). Voir : http://www.3org.com/news/2010/10/le-challenge-pour-gouverner-linformation-de-2-systemes-differents/

    En fait, et surtout le challenge ne serait il pas de casser ces silos “Experts du document” et “Expert de la données) et du coup s’affranchir dans le langage ou tout ce qui connote une prise à partie, de la notion de format. (http://www.3org.com/news/2010/11/rencontre-de-3-types-papier-document-numerique-et-base-de-donnees/)

    A bas Document et Donnée, à bas le structuré et le non-structuré, et vive l’information tout simplement !

    Facile, non 😉

  • Bonjour,
    Je partage votre point de vue.
    Pour information, les associations Aproged et Xplor travaillent depuis quelques années à la reconnaissance d’un nouveau métier: le D&IM: Documentation & Information Manager dont le rôle correspond à notre “gouverneur de l’information”
    http://dimanager.wordpress.com/

  • J’aime bien cette appellation de “Gouverneur de l’information”, cela peut même avoir un petit coté provocateur (Je ne sais pas pourquoi, cela me fait penser à l’époque des Colonies). Un Rôle qui, de prime abord, interpellerait ce qu’il faut, comme il le faut, puis associerait un ensemble de responsabilités et engagements à l’information et sa maitrise.
    J’aime bien aussi l’appellation “D’architecte de l’information”, plus destinée aux DSI (mais pas forcément légitime pour ces directions). Ceci dans le sens où il faut construire et apporter une structure pour ensuite gouverner.

    Et oui nous sommes toujours dans ce dilemme Bottom-Up ou Top-down. Peut être que l’exécutif pourrait simplement demander un petit état des lieux du terrain à ses lieutenants. Ne serait ce que pour savoir à quelle type d’opportunité il fait face.

  • C’est tout à fait vrai ; depuis les certifications ISO9001, le seul credo, c’est engagement de la Direction ! Et il y a tellement de priorités pour lesquelles il faudrait faire monter les patrons sur le tonneau, qu’ils en perdraient leur crédibilité. Tous les jours une nouvelle opération “stratégique”.
    Une autre voie est de faire monter “de la base” le ressenti du besoin et que cela convienne aux patrons. Pas sûr que l’expression de besoin émerge clairement toute seule. Par contre, il y a surement quelqu’un capable de prendre la tête du “syndicat des utilisateurs” d’information.
    Aller retour permanent entre l’architecture globale et le souci du nombre de clics de l’utilisateur, c’est quelqu’un qui a rôle tellement singulier dans l’Entreprise, qu’on ne l’a pas encore imaginé et surtout pas encore reconnu d’utilité … privée. On pourrait peut-être un jour le nommer “gouverneur de l’information”. Il aurait la gestion d’un trésor de l’Entreprise : son patrimoine d’informations ;-))

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