Gouvernance de l’information, c’est comme les frites Mc CAIN, c’est ceux qui en parlent le moins qui en mangent le plus

Depuis quelques mois, et après la série de conférences de restitution des résultats de l’observatoire de la gouvernance de l’information GouvInfo, je m’aperçois que le sujet de la gouvernance de l’information, est bien plus mûr qu’il n’y parait. Et surtout que les personnes avec qui j’échange sont relativement en phase avec les enjeux autour cette  gouvernance ou d’une bonne gestion de l’information.

Mais je m’aperçois aussi que le terme “gouvernance de l’information” dérange, et ce pour plusieurs raisons. Donc pour changer des  articles un peu épais que je rédige habituellement, j’ai décidé de passer quelques messages décalés, et un peu provocateurs. Voici quelques affirmations que j’ai rencontré en réaction au terme “Gouvernance de l’information” et des réponses qui me paraissent pertinentes. Ensuite c’est à challenger et mûrir  :

 Les termes Gouvernance et Information sont utilisés pour dire un peu tout et n’importe quoi

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RÉPONSE : Effectivement, lorsque je tris mes photos sur mon PC personnel, je fais de la gouvernance de l’information, au même titre lorsque j’accompagne une organisation dans l’évolution d’un de ses services vers une instance de gouvernance de l’information, nous en faisons aussi. Du coup je dirais que sur le terrain, c’est comme les frites Mc CAIN, c’est ceux qui en parle le plus qui en mangent le moins (j’ai bien dit sur le terrain, pas sur les blogues ;-)) – La gouvernance de l’information n’est pas la gouvernance documentaire, ni la gouvernance des données, ni la gouvernance du système d’information, ni la gouvernance projet, ni la gouvernance d’entreprise, … . Elle est un lien entre ces gouvernances et bien plus, elle est un simple pont entre des silos informationnels qui ont une légitimité. La gouvernance de l’information est un vrai sujet à part entière, c’est aussi un océan bleu, qui n’a de légitimité que par ses actions de rayonnement, d’influence et de facilitation. Maintenant si vous souhaitez continuer à parcourir 58Km en voiture pour rejoindre un point à 50 mètres en face, c’est votre choix. Et si vous souhaitez appeler cela gouvernance de l’information, c’est aussi votre choix,  mais ce sera une mauvaise ou très incomplète gouvernance de l’information.

La gouvernance de l’information fait peur : est ce un “CHEF oui CHEF” ?

 FullMetalJacketRÉPONSE : Voilà quelques millénaires que nous sommes gouvernés d’une manière ou d’une autre. Pourquoi cela nous dérangerait aujourd’hui. Le fait d’être face à des règles et des contraintes ? Je pense,au contraire nous en avons besoin et nous les recherchons, tout comme un enfant s’épanoui mieux lorsqu’il sait qu’il y a une autorité qui le protège et lui donne des limites. Mais point trop n’en faut !.

Pourquoi avoir peur alors ? Peut être pour des raisons politiques : la “gouvernance” étant déjà couverte par de nombreuses directions, en rajouter une, peut être considéré comme de l’ombre, du superflu, une chapelle en plus. Ou même si une organisation cherche à travailler son image vers plus de souplesse  et décliner sa culture sur une mode collaboratif et ouvert, le mot gouvernance pourra être perçu comme antinomique et déstabilisant. Que nenni ! La gouvernance de l’information est aux antipodes du “Chef oui Chef”. Encore une fois, c’est une instance facilitatrice, sa capacité à gouverner se fait en apportant de la valeur ajoutée pas en dominant ni en imposant.

 

Il n’y a rien de nouveau, nous en faisons depuis la nuit des temps, ce n’est qu’un autre terme marketing,

Lunettes Moise tablettes Gouvernance de l'informationRÉPONSE: Absolument vrai, depuis une éternité, nous en faisons de différentes manières, sous différents noms, avec de différents enjeux, … . Et ce que nous faisons évolue dans le temps pour s’adapter à notre culture, environnement, personnalité, … .Il y a juste quelques petits changements majeurs qui font qu’aujourd’hui, la gouvernance de l’information dans sa vue globale à l’organisation, est en train de franchir un pallier.

1) De part le WEB 2.0, bientôt le 3.0, notre rapport avec l’information a changé fortement, nous sommes plus confortables, et comprenons mieux les enjeux de cette matière première (du moins la Génération Y).

2) De part des dérives, notamment financière, nos gouvernements, et nos clients/usagers nous demandent plus de rigueur et de transparence dans nos usages d’informations.

3) Les évolutions technologiques de ces dernières années démultiplient la production, transformation et manière de stocker cette informations. L’ensemble de cette complexité, nouvelle,  appelle de nouvelles formes d’organisations. La gouvernance de l’information est une réponse qui a une vraie légitimité.

Mais situons nous d’un point de vue “évolution” : Nous pouvons imaginer les activités historiques de gestion de l’information sont des cellules autonomes qui le restent, mais se sont agglomérées pour former un organisme plus complexe. Les cellules existent toujours, elles ont juste trouvé une autre forme d’interactivité, plus pragmatique et performante.

Et vous auriez vous d’autres affirmations ou réponses autour de la légitimité ou non de la gouvernance de l’information ?

3 Responses to “Gouvernance de l’information, c’est comme les frites Mc CAIN, c’est ceux qui en parlent le moins qui en mangent le plus

  • Effectivement l’image d’un chef de la légion est pas mal aussi, mais je trouve les légionnaires plus sympas (et tout autant pro) du coup … .
    Oui, la gouvernance est clairement un affaire de stratégie lorsqu’elle est d’entreprise. qu’elle décline à différents niveaux opérationnels à travers différentes gouvernances (des données, des documents, de l’informatique, … et de l’information).

    Pour le (1) considérons l’information métier, tel qu’une facture, un bulletin de salaire, une transaction avec son contexte, une demande de crédit, une commande, … . (ceci pouvant être sous forme de document numérique ou physique, mais aussi de données présentes dans des bases de données.
    Pour le (2) parlons de la gouvernance de l’information de l’organisation (cf le 1) comme étant un lien entre les gouvernances existantes (des SI, des documents, des données, du risque, ..), qui s’exprime par la consolidation des référentiels et politiques existantes (sans se les approprier, juste à travers des recensements)
    Pour

  • Effectivement, un texte un peu provocateur mais également stimulant.

    Plus qu’une référence à connotation américaine avec l’image d’un Sergeant-Major, j’aurais pris une image certes éculée pais toujours pertinente, la prose de M. Jourdain ou si l’on souhaite rester dans l’imagerie militaire celle d’un adjudant chef légionnaire dont la réputation et le mérite ne cède en rien à celui d’un Sergeant-Major de l’Army.

    La gouvernance est sans doute une affaire de stratégie qui se décline au niveau opérationnel mais elle reste déterminée par la culture (et pas que celle de l’entreprise). Et si l’on s’adresse à des dirigeants d’éducation française…

    Pour répondre à la question posée en fin du billet sur la pertinence d’une discipline identifiée qui porterait le nom de gouvernance de l’information (Information Governance), tout dépend des définitions de (1) l’information [d’entreprise] et de (2) la gouvernance qui sont avancées.

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