Gouvernance de l’information, l’apport du blé ou le plaisir de l’ivresse

La gouvernance de l’information, cela pourrait presque être sexy comme terme … .

Attention cependant, dans vos projets et votre veille, il faut bien discerner le fond et ses apports essentiels pour nos organisations de l’apparence marketing et ses dérives potentielles. Car ne nous leurrons pas, les deux termes étant tellement larges, leur utilisation combinée peut vite devenir un fourre-tout racoleur, ce qui ne va pas vous aider dans la compréhension des enjeux. Effectivement et pour exemple, dire que la gouvernance de l’information ne concerne QUE l’archivage ou QUE les données de référence n’est absolument pas de la gouvernance de l’information, et risque d’entretenir un flou néfaste pour votre compréhension des vrais enjeux. Si vous souhaitez donc avoir le meilleur recul, il faut savoir séparer le bon grain de l’ivraie, même si l’ivresse de l’ivraie peut paraitre fort sympathique, car plus facile à comprendre !

La discipline « gouvernance de l’information », se positionne à un niveau global dans nos organisations, elle permet d’augmenter les curseurs de la maitrise de l‘information, et de répondre à des enjeux majeurs (développement d’affaires, création de valeur, innovation, gestion des risques, développement durable, …).

Sa matière première est l’information, donc provoque des réflexions indépendamment de notions de formats, de localisation, de domaines d’expertise – Tout est à prendre : documents physique, numérique, données, contenu de réseau social, d’annuaire, images, vidéo, sons, … .

Elle couvre les risques autour de l’information et mais aussi le potentiel que peut apporter l’information à l’organisation. Donc un échange collaboratif sans aucune valeur juridique ou contenu confidentiel est aussi (surtout) à prendre en compte.

Les outils techniques sont une finalité, importante oui mais surtout pas en première réflexion. Nos modes de pensée et de murissement nécessitent l’outil pour évoluer, ce qui nous amène, vers un choix de solutions par l’implémentation d’un outil. Et cela coute cher, et cela coute beaucoup de temps et cela fait très mal lorsque l’on s’aperçoit que les choix provoquent une rigidité pour le SI ou tout simplement un rejet massif des utilisateurs.

Prenez le temps de mûri une organisation qui possède une vue globale de l’information. Cela ne coute qu’un peu de temps, beaucoup de matière grise et de changement, pour des gains qui peuvent être très conséquent. Les outils d’abord NON, mais une organisation de gouvernance de l’information avant OUI (et les outils ensuite).

Elle induit la notion de changement, et de transformation des cultures de l’organisation. Nous avons souvent tendance à avoir toutes les réflexions possibles et inimaginables, implémenter tous les outils aussi savants qu’ils puissent être, activer des régiments de ressources pour les supporter, bref à nous faire plaisir localement et à oublier l’essentiel : l’utilisateur. Et manque de bol, ce dernier s’adapte et évolue de plus en plus vite. De plus son évolution le rend hermétique voir réfractaire à tout ce qui l’enferme dans des contraintes mystérieuses et compliquées.

En parlant d’archivage, combien de projet sont aujourd’hui en échec car ont été considéré uniquement dans une logique de risque informationnel, avec des effets de bord rigides pour les utilisateurs pour qui cela n’a absolument aucune importance (du moins en apparence). Combien de souffrance une DSI endure pour essayer de rendre des utilisateurs responsables de leurs données, avec des résistances naturelles d’utilisateurs métiers qui ne souhaitent pas devenir administrateur de base de données (et ils ont bien raison, ils franchiraient leur seuil d’incompétence).

En regardant le terrain, oui ce n’est pas facile, mais la clef est très simple : avoir une vue globale de l’information. À partir de cette considération l’ensemble de vos décisions vont prendre un sens plus pertinent, et vous amener à construire de nouvelles manières de travailler, mettre en place de nouveaux dispositifs, et déployer des solutions techniques d’une autre manière. Le tout plus profitable pour votre organisation.

Les projets de gouvernance de l’information, sont des projets de changement et d’influence qui se font dans le temps, petits pas après petits pas, et surtout en intégrant la souplesse de l’organisation et ses enjeux stratégique. Tant qu’à se faire plaisir, autant de faire plaisir avec un challenge global à l’entreprise, non ?

m4s0n501

A lire aussi :

Penser grand se mesure en jours, ne pas le faire se mesure en douleurs
Lorsqu'il s'agit de projets à fort usage d'informations (structurées ou non), c'est effectivement très vrai. Notamment dû à des contraintes financière...
Information : Déphasage entre nos comportements d’usages, nos outils, et nos organisations
Les études sont rigolotes et pleines d’enseignements lorsqu’on les compare, car elles font ressortir des points qui montrent du doigt des sujets souve...
Prédictions 2013-2014 : DSI-DMI-GouvInfo, le choc des Titans
Pauvre Direction des Systèmes d’Information, tellement critiquée, des fois adulée, sûrement incomprise même par elle-même, vivant avec une schizophrén...
Les 5 piliers de la gouvernance de l'information
Depuis quelques années la notion de flux Information est de plus en plus considérée comme étant un domaine à regarder attentivement. Seulement vo...
%d bloggers like this: